INTOX

Le destin… Ce qui fait un homme et ce qui l’empêche.

“Follow or die stupid” est la devise d’INTOX. Pour les autres et pour lui-même. Ne jamais s’arrêter, brûler les lauriers plutôt que de s’endormir dessus. C’est l’histoire d’un enfant né en 1986 dans le 91 qui a un jour décidé de ne rien attendre et de tout saisir. Son amour du graffiti n’a même pas eu besoin du béton pour exister au départ. C’est dans les Alpes que le collégien agité découvre la joie de transfigurer le quotidien. Un ami un peu plus âgé, Giuseppe, l’initie à l’art des lettres sauvages, des signatures libres. INTOX s’entraîne d’abord sur des granges en pleine montagne. Il signe alors FMR. Il a déjà compris que tout était volatile, qu’après le début, il y avait la fin. Il a douze ans et le virus est en lui, pour toujours, il le sait: “Quand je revenais sur Paris, pendant les vacances, je tapais tout seul. Je faisais surtout des trains, je ne pouvais plus m’arrêter.” Il décide de changer de nom. Ce sera donc 1TOX (tatoué sur ses phalanges) puis INTOX, pour cette poudre aux yeux qui nous sert de réalité. Rapidement, il collabore à différents crew, de PCC à GRK. Il grandit, apprend, insiste, peaufine son art et ses désirs. Il creuse ses tripes et déchire le voile urbain à coups de bombes, de traits et de couleurs. Vandal, en solitaire ou fresque sur terrain, en groupes, barbecue et apprentissage, INTOX répète ses gammes avec l’acharnement des convaincus. La larme bleue qu’il a gravée pour l’éternité au coin de l’oeil dit également à quel point INTOX ne brade pas ses émotions… La vie le pousse à multiplier les boulots alimentaires, pour mieux pouvoir, la nuit tombée, honorer son art: Électricien, peintre en bâtiment, logistique, commercial. Mais l’art est quelque chose qui dévore de l’intérieur, qui impose, à ses vrais soldats, un choix définitif. Comme INTOX offrait à la rue ses fulgurances, il donne ses premiers tableaux à ses amis, sans rien attendre en retour. Il décore des chambres d’enfants, réalise des fresques pour des mairies, recouvre des stores de magasins, body painting, tatoueur, il est un stakhanoviste assumé et il a à peine vingt ans. Plus Spaggiari que Montana, cet autodidacte polyglotte de A à Z revendique un code de l’honneur qu’il ne galvaude jamais: “Ma mère m’a donné une bonne éducation, ça, je ne le renierai jamais! Moi, je suis de l’ancienne école”. On comprend assez vite que ce ne sont pas que des mots. INTOX, ce qu’il aime, c’est convertir, aller là où on ne l’attend pas. Tout, avec lui, devient support, terrain de jeu, expérimentation. Péter les codes, créer à contre-courant pour mieux s’élever:

“Si Rosa Parks ne s’était pas mise toute seule devant dans le bus, il ne se serait rien passer. Il faut toujours qu’il y en ait un qui se mette en danger, il faut toujours des précurseurs, sinon, tu stagnes et ça, c’est juste pas possible! Il faut donner pour recevoir” précise-t-il, la passion tangible dans la voix. Du graffiti au pop art, du vandal au chic, INTOX ne s’arrête plus. Au compteur, déjà des milliers d’oeuvres: toiles, casquettes, sculptures, bus, sacs de marque, blousons, bouteilles, mobilier, rien ne lui résiste. Ses journées débordent, les heures manquent et il accélère encore

Paris, New York, Côte d’ivoire, Autriche, Italie, il est partout! Aujourd’hui, il expose dans les clubs les plus hype, Times Square l’honore avec un Billboard géant, en janvier 2018, Rihanna, Alicia Keys, Jay-Z, Beyoncé, Rick Ross, Djibril Cissé croisent sa route. Quand il ne participe pas à la Fashion Week, HOT 97, la plus grosse radio new yorkaise lui propose d’animer sa propre émission, et il est le premier street artist à exposer à Matera, ville millénaire troglodyte, en Italie. Revenir aux cavernes et aux dessins des premiers hommes. La boucle est bouclée. Et lui jubile, comme un gosse, il a conservé cette sauvagerie de l’enfance, quand les limites n’existent pas, quand l’imaginaire est la seule frontière. “Mes valeurs? L’intégrité, la loyauté, le droit de dire non, la volonté de rester humain, de ne pas devenir une simple machine de consommation, un produit…” dit-il, avant d’ajouter:“L’art, pour moi, ce sont avant tout de belles émotions. Il s’agit d’apporter aux gens autre chose que ce qu’ils ont tous les jours. Il s’agit de s’élever mentalement. De voyager dans sa tête et son coeur”. Il a compris que le vrai luxe, c’est ce qu’on ne regarde pas ou ce qu’on ne voit plus: Un arbre, une âme, une parole donnée. Pour comprendre INTOX, il suffit de se pencher sur MAD MICKEY, une créature hybride mêlant le corps de Mickey et les yeux de Sonic, le Hérisson de Sega, qu’il a créée voilà vingt ans. Son emblème. Détourner le cynisme pour mieux avancer, il s’agit exactement de ça! Dire autre chose en détournant les gimmicks. C’est aussi sa façon à lui de ne pas oublier d’où il vient, où il respire et où il veut aller et ne pas aller. Sorte de wake-up call. INTOX rêve d’exposer un jour au Grand Palais. Et descend encore dans la rue. Comme ça. Pour écraser les évidences. Pour le plaisir pur.

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